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L’histoire du sport à l’Université Laval

Dans la foulée des Grandes Fêtes de l’Université Laval en 2002, le Service des activités sportives a lancé un site interactif relatant les 150 ans du sport à l’Université Laval. Un travail de recherche colossal mené de main de maître par deux retraités du SAS, André Bélanger et Yvan Breault, aidés à la rédaction par deux retraités du Service des communications de l’UL, André Desmartis et Marcel Leboeuf. Un voyage dans le passé qui démontre que le sport a, depuis toujours, connu une place importante à l’Université Laval. L’histoire récente d’après 2002 nous prouvera que c’est toujours le cas.

INTRODUCTION

L’Université Laval doit sa naissance au Séminaire de Québec fondé en 1663 par Monseigneur de Laval, premier évêque de Québec. Le Séminaire accepta, en effet, la lourde tâche de fonder, en 1852, la première université catholique francophone en Amérique. Il se vit accorder à cette fin une charte de la reine Victoria. Pour honorer la mémoire de son fondateur, le Séminaire donna à la nouvelle université le nom de Laval et la dota à l’origine de quatre facultés : théologie, arts, droit et médecine.

Dès 1876, l’Université Laval établit à Montréal des chaires subsidiaires de ses facultés de Québec et, en 1920, la « succursale », jusque-là appelée Université Laval de Montréal, est devenue indépendante, prenant le nom de « Université de Montréal ».

Son développement considérable a obligé l’Université Laval à quitter les locaux appartenant au Séminaire de Québec, dans le Vieux-Québec, qu’elle a occupés pendant plus de cent ans. En 1948, elle fit l’acquisition de 465 âcres (1,2 km carré de terrain), à la limite ouest de la ville de Québec. Le premier pavillon y fut inauguré en 1950. Depuis ce temps, une trentaine de pavillons ont été ajoutés.

Le sport au 19e siècle

Dans une recherche sur la place du sport dans la société canadienne au 19e siècle, l’auteur Donald Guay écrit « …la présence effective des Canadiens-Français au sein du monde des sports est marginale… Le sport est inexistant dans les collèges durant la première moitié du 19e siècle. Ce n’est qu’à la toute fin du siècle, avec l’expansion de la crosse et l’avènement du hockey que les normaliens et collégiens prennent véritablement contact avec le sport (3) ».

Du 20e siècle jusqu’au troisième millénaire

Notre album virtuel nous guidera dans une ligne de temps traversant six périodes, de l’Université naissante à l’ère moderne du pavillon de l’Éducation physique et des sports (PEPS). Nous souhaitons que cette promenade vous passionne et qu’elle suscite de nombreux commentaires permettant d’enrichir cette histoire du sport à l’Université Laval que nous avouons incomplète.

Amis de l’Université, acteurs ou témoins, visiteurs: «À vos marques, soyez prêts, partez…»

André Bélanger


PÉRIODE DE 1852 À 1899

Les premières activités physiques dans l’université naissante

Mens sana in corpore sano : Un esprit sain dans un corps sain

1879 : Cette année-là, dans ce Séminaire de Québec qui abrite les débuts de l’Université Laval, le vent est à la gymnastique. Des « appareils de gymnase de toute espèce » ont été acquis par les autorités… et le chroniqueur s’émerveille : « Jetez un regard dans les salles et les cours durant les récréations et vos yeux seront frappés des courbes, gracieuses, élégantes décrites par les mils persans». Mais, rassurez-vous, si « la gymnastique étourdit et dérobe la maladie, elle favorise d’autant les études » …et, toujours selon l’Abeille, le journal du Séminaire, le développement du système musculaire a des effets insoupçonnés sur les facultés intellectuelles.

« Chaque tour de force trahira, n’en doutez pas, par une phrase d’amplication (sic) mieux tournée, un vers latin plus élégant, une pensée plus juste et plus délicate… Rira qui voudra de nos principes en fait de littérature, continue l’article : En avant les mils, les échelles, les trapèzes, les barres horizontales, verticales, tous les aimables casse-cou, tous les appareils disloquant des gymnases. Pourquoi craindrions-nous de nous défaire temporairement si le résultat doit être une amélioration notable de notre individu? » On ne saurait être plus convainquant sur les effets bénéfiques de l’activité physique, près de 100 ans avant la création du PEPS!

En cette fin du XIXe, une autre discipline significative est pratiquée au Séminaire : il s’y donne en effet des cours d’escrime, un sport noble par excellence, sport de combat certes, mais qui impose des règles strictes et le respect de l’adversaire, sport hérité d’une vieille tradition française, remise à la mode avec les Trois mousquetaires, qui convient bien aux valeurs morales de cette élite traditionnelle que le Séminaire… et l’Université entendent former.

La chronique parle peu par ailleurs des activités physiques qui vont de soi, celles qui se pratiquent durant les récréations d’un quart d’heure qui émaillent la journée; car, bien sûr, chaque cour a sa patinoire, et parfois sa glissade, comme en témoigne la somme de six dollars (de l’époque) alloués aux patineurs de la grande salle pour entretenir leur glace. Le jeu de la balle au mur, héritier direct des jeux de paume et ancêtre du squash et de la pelote basque, semble aussi avoir été très pratiqué par les pensionnaires si on en juge par la présence de nombreux murs destinés à ce jeu dans les cours de récréation de cette époque. Finalement, le soccer, importé d’Angleterre, commence à se répandre comme en témoigne, en 1882, l’achat d’un « football » au prix de 2 dollars par le Séminaire. Il y a aussi pour les pensionnaires, nombreux à cette époque, l’excursion du jeudi, une marche à pied de deux heures qui parfois leur permet de découvrir la pratique d’autres jeux comme le billard… ou de sports plus violents comme « le combat du ceste avec les gants de boxe ».

Dans les documents relatifs à cette époque, l’Université Laval ne semble pas avoir d’équipements sportifs ou d’activités physiques organisées distinctes du Séminaire et cela ne nous surprend pas. L’Université Laval avait alors quelque 300 étudiants parmi lesquels on comptait plus d’une centaine de grands séminaristes inscrits en théologie et quelque 70 pensionnaires résidant en fait dans l’enceinte du Séminaire. On peut donc penser que les uns et les autres partageaient les installations et les activités sportives du Séminaire ou, tout au moins, épousaient la même vision de l’activité physique. Le sport de compétition, le sport en équipe tel que nous le connaissons aujourd’hui, ne fera son apparition à l’Université Laval qu’à la toute fin du siècle, mais dans ce monde pénétré de la culture classique latino-grecque, on est déjà bien conscient des bienfaits qu’un corps en bonne santé peut apporter à l’esprit, voire à l’âme…


PÉRIODE DE 1900 À 1914

Les débuts du sport de compétition (1900-1914)
1900 : le club de hockey de l’Université Laval remporte ses premières victoires

Le 29 janvier 1900, le club de hockey de l’Université Laval de Québec remporte une première victoire de 4 à 3 sur le club de la « succursale », l’Université Laval à Montréal, devant 400 à 500 personnes réunies dans la plus ancienne patinoire couverte de Montréal, le Victoria Skating rink. Un mois plus tard, le même club défait par 3 à 0 l’équipe du Bishop’s College. C’est la première joute disputée entre universitaires anglophones et francophones au Canada et le rédacteur sportif de La Patrie souligne le mérite de cette jeune équipe d’étudiants de Québec « qui, débutant dans la carrière du sport, ont vaincu l’équipe d’une université initiée depuis longtemps aux secrets du jeu de hockey ». Le club Laval de Québec est alors formé de sept joueurs : Henri Boivin, gardien des buts; Éral Languedoc, point; Wilfrid Laberge, cover point, Arthur Saint-Jacques, Charles Stanley, Fred Gauvin et Louis Demers, avants. Ils jouent sous les couleurs blanc et noir, « le noir parce que c’est la couleur commune de toutes les facultés et le blanc, signe de l’union ». Heureusement pour nos porte-couleurs, on est passé depuis du blanc et noir au Rouge et Or!

En fait, dès la fin des années 1890, suivant avec quelque retard l’exemple des universités anglophones plus anciennes et mieux dotées, les étudiants de Québec commencent à s’intéresser aux sports d’équipe et à la compétition. Une saine compétition s’installe notamment avec les « Laval de Montréal ». Le club de hockey Laval dans lequel on compte plusieurs étudiants de l’Université est formé en décembre 1897 et ses parrains sont d’importants notables de la ville. Dès 1899, le Club Laval de Québec est constitué exclusivement d’étudiants de l’Université Laval.

En 1907, le club de hockey de Québec est officiellement admis dans la Ligue interuniversitaire qui est composée des clubs des universités de McGill, Toronto et Laval de Québec. En 1910, il remporte le trophée du Chronicle et « le capitaine du club fait à cette occasion un discours très approprié, félicitant le Chronicle de l’idée qu’il avait eue de promouvoir le sport amateur dans l’ancienne capitale en offrant un trophée ».

Les débuts du « foot-ball »

Au début des années 1900, le « foot-ball » (que l’on désignera plus tard sous le nom de soccer pour éviter la confusion avec le football américain) fait aussi son apparition dans le district de Québec qui compte au moins quatre clubs, le YMCA, les Citadelles, Montmagny et le Laval.

L’année 1900 voit de nombreuses parties disputées entre ces clubs et se termine par une grande « joute » entre une sélection de joueurs de la région et les Pointe St-Charles, champions de la ligue de Montréal. Les recettes (25 cents pour l’admission au terrain et 10 cents pour les écoliers) seront versées au fonds du révérend Père O’Leary et l’Honorable M. Parent, maire de la ville et premier ministre, donnera le kick-off. Le Soleil ajoute : « tous les étudiants des trois facultés, les séminaristes, les élèves de l’École Normale et des écoles chrétiennes y assisteront en corps, de même qu’une immense partie de nos concitoyens anglais, cette journée de Thanksgiving étant jour de fête pour eux ». Ces débuts du football à l’Université eurent-ils des suites? Difficile à dire, car il en est peu question dans la presse locale par la suite.

Le sport universitaire sous haute surveillance !

À vrai dire, le développement des activités sportives en ce début de siècle semble être surtout le fait d’initiatives étudiantes isolées et sporadiques. Officiellement, les autorités sont favorables, comme l’affirme dans un rapport de l’année 1907-1908, le vice-recteur de l’époque : « les saines récréations, jeux de toutes sortes, exercices physiques, constituent aussi et dans une large mesure, un instrument de culture générale et de moralisation », mais les limites sont vite atteintes.

Par exemple, en 1903, lorsqu’il s’agit d’engager pour les théologiens un professeur de gymnastique, anglais de surcroît, le journal du Séminaire ne peut s’empêcher de commenter : «  À première vue, l’idée de cet enseignement nouveau dans notre Faculté de théologie, est de nature à paraître étrange, mais, dans notre siècle, les choses vont vite et l’on en arrive bientôt à n’être plus surpris de rien… ». Par ailleurs, les étudiants de l’Université peuvent en principe bénéficier des installations du Séminaire, mais à certaines conditions : en 1904, un règlement prévoit que les étudiants de l’Université Laval pourront désormais se servir du nouveau jeu de balle du Séminaire, une fois par semaine, le dimanche, pourvu qu’ils n’amènent pas d’autres jeunes gens et qu’ils soient accompagnés par un prêtre du séminaire. En ces années-là, le sport reste donc sous haute surveillance.


PÉRIODE DE 1915 À 1930

Le sport prend son envol (1915-1930)

Après des années de stagnation, l’Université Laval va connaître entre 1920 et 1950 un nouvel essor : aux quatre facultés d’origine (théologie, médecine, droit et arts) auxquelles étaient venus s’ajouter en 1907-1908 la foresterie et l’arpentage, viendra se greffer un ensemble complet de facultés et d’écoles qui déborderont largement le cadre géographique du Séminaire et du Quartier latin et qui refléteront des préoccupations et des cultures plus différenciées. C’est ainsi qu’en 1948, l’Université Laval comptera onze facultés, douze écoles, cinq instituts, une station expérimentale et le nombre des étudiants sera passé de quelque 300 à près de 1600.

Dans ce contexte, la pratique du sport va se différencier davantage; des équipes facultaires vont se former permettant le développement de ligues intra-muros en même temps que des participations plus importantes à des ligues régionales ou nationales; de nouvelles disciplines vont être pratiquées. Avec les années, les étudiants, plus nombreux, commencent à prendre des initiatives, s’organisent et aussi affichent davantage leur indépendance, tout en impliquant leurs aînés dans le financement et le patronage de leurs activités. Nous aborderons ici la première phase de cette évolution.

Naissance d’une presse étudiante

Dès 1915, on assiste à la naissance d’une presse étudiante qui ouvre largement ses pages aux nouvelles du sport universitaire. L’hebdomadaire L’Étudiant publie son premier numéro le 20 novembre 1915. Il est encore sous la direction de propriétaires non-étudiants mais est doté d’un Bureau de contrôle formé d’un représentant étudiant par faculté. Le 10 novembre 1916, vient s’ajouter un journal concurrent L’Universitaire qui aura aussi son Comité de sports. Cette année, le Laval se fera battre par les redoutables Irlandais du St Patrick devant 600 spectateurs et par les Sons of Ireland (7 à 1) devant 1200 spectateurs. Auparavant, il avait défait le St Grégoire, champion de la Côte de Beaupré.

En 1917, L’Écho de Laval remplace L’Universitaire et L’Étudiant ; il tire à 22 000 exemplaires. Finalement, le 12 décembre 1919, sortira le premier numéro du journal Le Béret, organe officiel de la Fédération de l’Université Laval et, plus tard, de l’Association des étudiants de l’Université Laval Inc. Il est écrit, dirigé et administré entièrement par des étudiants (avec toutefois la présence d’un censeur, le secrétaire de l’Université). Sa devise, bien caractéristique de l’esprit du temps, est : Excelle et tu vivras. Le Béret aura une carrière beaucoup plus longue que ses prédécesseurs : il ne disparaîtra qu’en 1933 pour laisser la place à l’Hebdo Laval qui, à son tour, sera remplacé par Le Carabin en 1941.

Le Béret est écrit par des étudiants pétris de culture classique, qui aimeront faire étalage de leur style, souvent emphatique, et montreront parfois une belle indépendance d’esprit vis-à-vis des idées acquises. Le Béret a des pages de sports de plus en plus consistantes, des chroniqueurs sportifs attitrés qui seront plus tard nommés par la Commission sportive de l’AGEL. Il aura pour administrateur en 1928, l’étudiant en droit Wilbrod Bhérer et comme rédacteur en chef, un autre étudiant en droit, Charles Bilodeau. En même temps, on constate que les associations sportives se structurent : L’Association sportive de l’Université Laval est fondée en 1925. Certaines facultés comme le droit, ont leur comité sportif (1925) ou leur Association athlétique (1928) et les associations facultaires sont regroupées en une Fédération sportive dès 1928.

Le hockey, le sport le plus populaire

Durant toutes ces années, le hockey reste la discipline la plus populaire. Le club de Laval reste actif dans la ligue de la Cité de Québec et opère aussi plus tard dans la Ligue dite Nationale, une ligue civile formée de clubs de la région. Au milieu des années 20, la ligue interfacultés est bien développée. Elle est formée principalement des équipes de médecine, droit, génie forestier, architecture, génie chimique. Le Droit se distingue particulièrement en 1928, remportant le championnat de la ligue interfacultés et surtout défaisant le Droit de l’Université de Montréal par 6 à1, à la patinoire du parc Victoria. L’année suivante, le Droit remet ça avec une victoire de 3 à 1 à l’aréna Mont-Royal. La rencontre entre les deux équipes de Droit de Montréal et de Québec devient un événement annuel que décrit ainsi depuis la Tribune des journalistes, le reporter étudiant : « Du haut de notre citadelle, nous entendons les clameurs s’élever joyeuses et passionnées de quatre cents poitrines mâles. Tous nos confrères sont présents et avec plaisir nous signalons la venue de nos amis de la médecine, de la chimie, des beaux-arts. Tout Laval est là. Les étudiants ne sont pas des gens ingrats. Aussi, ils ne pouvaient oublier leurs amies qui depuis décembre rêvaient d’assister à cette mémorable rencontre. Elles vinrent très nombreuses applaudir leurs hommes et nos visiteurs ».

On voit ici que le rôle des femmes, surtout décoratif, consiste essentiellement à venir encourager leurs petits amis. « Qu’on se le dise, les athlètes de Laval ont l’air de jeunes dieux », écrit sans complexe le publiciste du Béret pour inciter ces dames à assister à une partie. Ajoutons que dans bien des cas, l’entrée à l’aréna est gratuite pour les femmes.

Notons ici que ces demoiselles sont encore très peu nombreuses à l’Université et que la pratique des sports leur est rarement concédée. À une exception près, le patin à glace. Ici le journaliste du Béret se sent inspiré : » Jusqu’ici, écrit-il, il est établi que c’est la demoiselle qui s’est le mieux adaptée à ce sport. Elle y intéresse tous ses muscles. Si vous la suivez de l’œil pendant qu’elle s’y livre, particulièrement si ses jambes fonctionnent à découvert, vous prenez d’elle l’idée d’une machine à marcher. Il n’y a de différence que le rire clair qu’elle pousse par intervalles. »

Les débuts de nouvelles disciplines

Avec la diversification des facultés et du recrutement étudiant, les disciplines sportives tendent aussi à se diversifier. À côté du hockey, d’autres sports d’hiver sont aussi pratiqués : le patin bien sûr, mais aussi la raquette et le ski qui semblent surtout axés sur le cross-country. Dès 1926, Laval participe à un concours de ski interuniversitaire. En 1930, Laurent Patry de Médecine se classe 2e au championnat de Québec et représente Laval au championnat canadien. L’année suivante, se déroule au Château Frontenac le premier bal annuel du club de ski Aéro sous le distingué patronage de son honneur le Maire de Québec.

Laval a aussi son équipe de basket-ball qui s’entraîne au gymnase du Séminaire et participe en 1927 à la Ligue de la Cité formée de quatre clubs. Le tennis a également ses adeptes, recrutés notamment chez les étudiants en Médecine. Le 20 septembre 1929, le tournoi organisé par le club de tennis de l’Université Laval aux terrains des employés civils sur la Grande Allée réunit quelque 50 joueurs. La coupe offerte par la maison Livernois va à Antonio Pelletier de médecine qui devient champion de tennis de l’Université Laval. Le 15 octobre de la même année se tient un tournoi en double pour la coupe Québec Sporting arbitrée par Pierre Jobin. Les frères Pelletier l’emportent. En 1930, trois trophées sont accordés lors des championnats de tennis qui se tiennent sur les courts du club Québec. Laval y défait Montréal et Antonio Pelletier remporte encore le trophée Charles Rondeau, emblème du championnat en simple.

Les quilles ont aussi, dès 1918, leur ligue régionale formée du Laval et du Lévis qui s’affrontent sur les quilliers du Club de réforme et des salles Brochu. En 1929, une ligue universitaire est formée avec des équipes de médecine, droit, chimie, arpentage et génie forestier. Elle se continuera l’année suivante avec quelques changements dans sa composition. Quant aux gymnastes, ils doivent toujours fréquenter le gymnase du Séminaire, ce qui ne va pas sans problème. Les étudiants de Laval trouvent déplorable que les étudiants qui se sont initiés à la gymnastique dans les collèges classiques ne puissent continuer à pratiquer lorsqu’ ils sont rendus à l’Université. Des projets de gymnase sont échafaudés, mais sans suite concrète… et pour longtemps.

À l’aube des années 30, le sport universitaire a pris un premier envol. Wilbrod Bhérer (droit) dans le Béret, à l’occasion de la constitution d’une nouvelle association sportive , résume bien la situation : « Voyant les moyens à notre portée pour faire valoir nos capacités, tous, nous nous enrôlerons dans les cadres de l’Association, et la culture physique qui est la meilleure sauvegarde de la santé physique et morale, aidera à faire de notre race une race forte et saine. Voilà le but idéal. Mais pour passer du domaine idéaliste des idées au domaine pratique des faits, il faut du temps et de la patience en même temps que de la bonne volonté. » On le voit, en 1930, ce n’est pas l’enthousiasme qui fait défaut, mais les moyens matériels.


PÉRIODE DE 1931 À 1950

1930-1950 : Une période de mise en question et de consolidation

L’année 1930 marque le début d’une crise économique très sérieuse qui, pendant quelques années, affectera le recrutement étudiant et le développement des universités. Grâce à une gestion serrée, l’Université Laval s’en tirera sans trop de mal et, dès le milieu des années 30, s’annonce un important renouveau avec la création des facultés de lettres et de sciences ainsi que des cours d’été de français qui attireront à Laval une importante clientèle d’étudiants américains. La guerre de 39-45 accélérera cette évolution vers une université moderne avec, notamment, la création de la Faculté des sciences sociales et le développement des disciplines scientifiques requises par l’effort de guerre, si bien qu’à la fin des années 40, les autorités du Séminaire envisagent la création d’un vaste campus à Sainte-Foy, regroupant les diverses installations disséminées dans la ville.

Du côté des sports, la cause de l’activité physique en milieu universitaire n’est pas encore gagnée. Les réticences sont encore nombreuses si l’on en juge par les débats soulevés dans le Béret et plus tard dans l’Hebdo Laval. Les succès des équipes lavalloises de hockey, de tennis, de ski ou de basket-ball restent cantonnés à des ligues interfacultés ou à des ligues régionales, avec quelques incursions, rarement victorieuses, jusqu’à Montréal. L’Université n’investit toujours pas dans les installations sportives, car les moyens manquent ou sont affectés à d’autres priorités.

Le débat du sport et de la vie intellectuelle

Dans le Béret en1931, Henri Perreault (arts) aborde la question de façon délibérément provocatrice. Il écrit : « Il n’est nullement téméraire d’affirmer l’inutilité absolue du sport pour l’étudiant aussi bien que pour l’homme mûr. Si les jeux sont nécessaires au développement physique de l’enfant, ils n’ont plus leur raison d’être chez l’élève de Belles Lettres ou de Rhétorique. Dès l’âge où l’intelligence commence à s’ouvrir à la vie de l’étude et de la lecture, le collégien peut se dispenser de tout sport – qu’il ne faut pas confondre avec exercice – sans que sa formation physique se ressente d’aucun désavantage. Un article paru tout récemment dans le Béret préconisait l’établissement d’un gymnase à l’Université Laval, sous prétexte que nous n’accordons pas à la culture physique et au sport l’importance et le rang auxquels ils ont droit. À l’appui de ses réclamations, l’auteur alléguait la justesse du système d’enseignement anglais qui comporte beaucoup de sport et produit, paraît-il, des individus dont la constitution physique et intellectuelle est supérieure à celle de notre race… Mais l’Anglosaxon ne possède ni l’ardeur d’action, ni la finesse de jugement du caractère français. Les Français ont choisi le domaine des idées en négligeant celui de l’activité physique et depuis plusieurs siècles, la France est incontestablement la « Patrie de l’idée ».

Quelque temps plus tard, l’éditorialiste du Béret répond que « s’il est juste de réprouver l’idolâtrie du sport en ce qu’elle fait une fin de ce qui n’est qu’un moyen, mais que l’adage Mens in corpore sano conserve encore toute sa portée, non pas tant à cause de son âge vénérable, mais en raison du principe qu’il comporte…, principe fondé sur la nature même de l’homme, complexité (et non composé) de matériel et d’immatériel… Et ce n’est qu’en tant que moyen que le sport a une valeur quelconque et doit avoir sa place dans le programme d’éducation surtout s’il s’agit de la formation d’une élite ».

Un peu plus tard, l’Abbé Arthur Maheux, secrétaire de l’Université et censeur du Béret, prend clairement parti en faveur du sport amateur à l’Université : » Je suis d’avis, dit-il, que les jeunes gens peuvent difficilement se passer d’exercice physique : il faut un exutoire à leur excès d’énergie; il faut entretenir la santé, garder sa vigueur. On a beaucoup discuté sur la valeur relative du sport professionnel et du sport amateur. Aujourd’hui l’opinion, surtout dans les milieux universitaires et collégiaux est presque unanime à condamner le sport professionnel; c’est le sport amateur qui a les préférences. Ici, nous n’avons pas à nous inquiéter de ce problème ; nous sommes dans la catégorie des amateurs. Nous croyons que les sports sont à mettre à côté des études, après les études, jamais au-dessus, jamais au détriment des études ». On ne peut être plus clair.

Il n’en reste pas moins que les étudiants de l ‘Université Laval éprouvent un certain complexe d’infériorité vis-à-vis de leurs collègues anglophones. Hugues Lapointe (droit), directeur du Béret, écrit encore en 1933 : « Il est ordinairement prétendu que nos universités canadiennes-françaises de même que nos collèges classiques ne forment jamais d’athlètes d’une force très remarquable. Tout en admettant que le culte du sport ne soit pas aussi en honneur chez nous qu’à McGill, Varsity, Queens, etc.; osera-t-on affirmer que nous sommes tous des anémiques ou des poules mouillées ? »

Des succès modestes

Et l’auteur de rappeler avec fierté les succès, modestes, de l’année : le club de hockey n’a pas remporté le championnat de la ville, mais s’est toutefois rendu en finale, ce qui n’était pas arrivé depuis des années. Il souligne les intéressantes parties de balle au panier où les carabins ont fait bonne figure « si l’on considère qu’ils en sont à leur premier essai dans ce sport ». Il souligne le succès des courses de ski et des randonnées à ski à Notre-Dame des Laurentides. (En fait, c’est en 47 minutes et 20 secondes avec cinq minutes d’avance sur le second, que Guy Fortier de médecine a remporté la course de six milles). Il conclut : » les quilles, le billard et même…le ping-pong ont aussi occupé les carabins ». Ajoutons que cette année, en 1932-33, « les sports n’ont pas coûté un sou à l’Université, car, pour la première fois depuis de nombreuses décades, la Commission sportive de l’AGEL a réussi à présenter un bilan sans déficit ».

Année après année, le hockey reste donc le plus populaire des sports : les équipes du Laval participent à plusieurs circuits locaux : en 1933, par exemple, elles se retrouvent dans la Ligue de la Cité, dans la Ligue Nationale ainsi que dans le Railway Paper, une ligue dominicale qui regroupe l’Anglo Pulp, Le Soleil, le CPR et l’Hebdo Laval. La participation à ces ligues extérieures nuit parfois à l’organisation de la ligue interfacultés qui oppose généralement quatre facultés ou écoles, mais ne fonctionne pas toutes les années.

Enfin, régulièrement, revient la question de la Ligue interuniversitaire. En 1936, une ligue interuniversitaire est organisée qui comprend huit clubs, quatre canadiens et quatre américains. Laval n’est même pas invitée à en faire partie. En 1940, en période de guerre, le projet relancé à nouveau par l’Université de l’Alberta, est rejeté. Dans une lettre adressée à la Conférence nationale des universités canadiennes , l’Abbé Maheux rappelle au nom de l’Université Laval, « la nécessité de consacrer les loisirs à l’entraînement militaire sans nuire aux études »; il ajoute: » les joutes intercollégiales réclamées par l’Alberta peuvent peut-être se concilier avec l’attitude de guerre, mais elles entraînent sûrement des dépenses en argent; il reste à savoir si l’entraînement militaire et l’entraînement sportif conjoints ne nuiront pas aux études ».

La discussion autour d’une ligue interuniversitaire de hockey se poursuit en 1941 et 1942. Bishop et McGill estiment qu’elles ne peuvent faire partie d’une telle ligue en raison des circonstances, ce qui amène Montréal et Laval à renoncer à ce projet « pour tout le temps de la guerre ». Durant cette période, seules les ligues interfacultaires continuent à fonctionner avec quelques rencontres occasionnelles d’invitations entre universités.

Durant la guerre, le ski reste particulièrement actif. Après le ski de randonnée, on découvre le ski alpin. En 1941, un chalet de 40 pieds par 27 pieds est construit entre le manoir Saint-Castin et Le Relais pour les skieurs de l’Université Laval, sous la présidence de Léo Gauvreau. Des concours de ski sont organisés en 1941 entre Dartmouth, McGill, Montréal et Laval et, en 1942, les représentants de Laval participent au trophée Favreau à Saint-Sauveur.

En 1945, une nouveauté : à la demande de la Faculté des sciences, un programme de culture physique est institué pour les étudiants de cette faculté. Il est modeste; il prévoit une heure de culture physique par semaine en première année et une demi-heure en deuxième année. Le responsable en est le professeur Philibert L’Écuyer qui sera un ardent propagandiste de la cause sportive durant les prochaines années, tant auprès de la Direction que des étudiants et des Anciens. Le programme est abandonné au bout de deux années, mais le professeur L’Écuyer est nommé par le recteur à la Commission des sports. Il y restera jusqu’en 1964.

En 1948, L’Écuyer présentera un mémoire sur la culture physique à l’Université qui prévoit notamment la construction d’un gymnase sur le futur campus de Sainte-Foy. Dès 1948, un comité sportif universitaire est formé qui supervisera les différentes sections consacrées à chaque sport en particulier.

En septembre 1948, l’Association des Anciens de Laval est officiellement constituée. À la demande de L’Écuyer, il est proposé au nouvel exécutif de l’Association présidée par le Dr Jean-Baptiste Jobin, de s’impliquer dans l’organisation des sports à Laval. En novembre 1949, le Carabin titre fièrement: « Les Anciens apporteront leur appui à la cause du sport à Laval ». Les Anciens se proposent en effet de financer des équipes uniquement dans le domaine interuniversitaire, laissant à l’AGEL le soin de financer les activités intra-muros.

Au départ, trois sports sont retenus : le hockey, le ballon-panier et le ski; un premier budget de 8 000$ est alloué. Une commission d’athlétisme est constituée formée de trois représentants des Anciens et de deux étudiants, le président de l’AGEL et le directeur de la Commission sportive. Les Anciens se chargent en outre de donner toute la propagande voulue aux nouvelles équipes.

Des étudiants gérants verront à organiser les équipes et des coachs d’expérience pourront être engagés pour plusieurs années. Ainsi, en cette fin des années 1940, un pas décisif est franchi : Avec Henri Geoffrion au poste de président de la Commission des sports, Jean-Charles Bouffard secrétaire de l’AGEL, Gérard Lacroix, Paul Painchaud, Philibert l’Écuyer et l’abbé Lesage représentant les Anciens et la Direction, le sport, et en particulier le sport interuniversitaire, bénéficie maintenant à l’Université Laval d’une équipe motivée et d’une organisation de base soutenue à la fois par les étudiants de l’AGEL par la Direction de l’Université et par ses Anciens. Les résultats ne tarderont pas à se faire sentir.


PÉRIODE DE 1951 À 1970

1951-1970 Le grand saut…

Ces deux décennies vont être marquantes dans l’histoire de l’Université Laval. Après cent années de lentes maturations, l’Université va connaître de profonds changements : en 20 ans, elle va acquérir une autonomie complète vis-à-vis du Séminaire de Québec et en 1970, l’Assemblée nationale lui accordera une nouvelle charte consacrant cette sécularisation. En même temps, elle connaîtra une croissance remarquable, ses effectifs étudiants passant de moins de 2 000 en 1949 à 5 000 en 1960 et à 12 000 en 1970.

Préparée par les élites de la décennie précédente, la Révolution tranquille des années 1970 accordera à l’instruction un rôle majeur. En créant les cégeps, le rapport Parent amorcera une démocratisation rapide de l’enseignement supérieur qui sera rendue possible par des investissements massifs de l’État québécois dans les universités. Ces circonstances auront aussi permis à l’Université Laval de mener à bien son projet d’un vaste campus à l’américaine regroupant à Sainte-Foy les installations disséminées en divers points de la ville. Au début des années 1970, la première phase de ce campus sera pratiquement terminée.

Ce contexte favorable bénéficiera aussi au domaine des sports. Dès la fin des années 40, nous l’avons vu, les Anciens de l’Université et la Direction avaient accordé leur appui moral et financier aux étudiants pour développer la pratique du sport. En 1950, la Commission athlétique (CAUL) est constituée pour gérer plus particulièrement la pratique du sport interuniversitaire.

Grâce aux subventions accordées par les Anciens, des coachs devaient être embauchés au départ dans au moins trois disciplines (hockey, ski, basket-ball). Ces efforts ne manqueront pas de se traduire par d’importants succès dès le début des années 50. Les principaux responsables de ce renouveau seront le professeur Philibert L’Écuyer qui sera l’intermédiaire incontournable entre la Direction de l’Université, les Anciens et les étudiants, le Dr Paul Painchaud et Jean-Charles Bouffard, administrateur de l’AGEL.

Avec la construction du campus de Sainte-Foy, au cours des années 60, la fameuse question du gymnase tant de fois réclamé devait, bien sûr, resurgir d’autant qu’en accordant aux universités la formation des maîtres et notamment celle des maîtres en éducation physique, avec la création d’une Faculté des sciences de l’éducation et d’un Département d’éducation physique, l’Université se devait d’avoir des installations sportives décentes. Ce qui sera réalisé en grand dès 1970 avec l’inauguration du PEPS.

Les premiers résultats de la participation aux compétitions interuniversitaires et canadiennes, le ski lavallois à l’honneur

Le 4 mars 1950 marque une date remarquable dans l’histoire sportive de l’Université Laval : ce jour-là, André Bertrand, un jeune skieur de 17 ans, étudiant en génie civil à l’Université Laval, remporte à Banff les deux titres junior et senior de la descente aux championnats canadiens de ski, avec un temps inférieur de 2 secondes à celui obtenu sur la même piste, la semaine précédente par le champion du monde en descente, l’Italien Zéno Colo. Il devançait de trois dixièmes de seconde le favori, l’Autrichien Egon Schopf qui s’était classé deuxième la semaine précédente dans les concours pour les titres de l’Amérique du Nord.

Bien sûr, cette victoire avait été précédée de nombreux trophées qui montrent bien que le ski lavallois a déjà fait sa marque tant sur la scène locale que nationale: en 1948, André Bertrand avait notamment remporté le trophée Laurentide en slalom se classant devant tous les juniors et séniors; en 1949, il remportait trois médailles à Banff et le championnat combiné junior du Canada et enlevait le championnat géant des Rocheuses.

Commentant ces succès en 1951, Le Carabin écrivait: « Grâce à André, la première année de collaboration entre les Anciens et les étudiants de Laval dans le domaine de la compétition sportive aura produit de grands résultats ». Ajoutons qu’André Bertrand est entouré d’excellents coéquipiers comme Jacquelin Saucier, Jacques Brunelle, Claude Brunet ou Claude Saucier qui, à l’occasion, l’emporteront sur lui.

En 1951, les skieurs de Laval remportent pour la première fois, le championnat interuniversitaire canadien et se classent cinquième aux championnats interuniversitaires de l’est de l’Amérique en dépit d’une blessure d’André Bertrand, grâce notamment à l’équipe de course de fond et de saut menée par le jeune James Dennie qui remporte le combiné quadruple.

Le Rouge et Or remporte encore le concours interuniversitaire en 1953, en 1954 et en 1958 et représente chaque fois les universités canadiennes au concours de l’Eastern Intercollegiate Ski Association dans le Vermont. Membre de l’équipe olympique canadienne depuis 1951, André Bertrand qui a représenté le Canada aux Jeux de Cortina de Ampezzo, ne participera pas à la compétition de 1958, mais l’équipe de Laval est maintenant solidement représentée dans les courses de fond et le saut, ce qui lui permet de faire bonne figure dans tous les domaines.

Au hockey, les succès se font un peu attendre

La saison 1950-51 marque la première participation du Rouge et Or dans la ligue interuniversitaire qui comprend cette année McGill, Varsity (Toronto) et l’Université de Montréal. La saison commence seulement le 9 décembre, mais dès le mois d’octobre, l’équipe est constituée et s’entraîne avec ardeur avec Paul (Ti-Mousse) Grenier comme gérant et, au poste d’instructeur, Léo Bourgault, une ancienne étoile de la Ligue Nationale, restée très populaire dans le milieu sportif.

En mars, la saison prend fin. Le Vieil Escolier souligne que « la saison peut avoir semblé désastreuse si l’on considère qu’aucune victoire n’a été remportée, mais il affirme que cette première aventure sous la grande tente a été des plus encourageante et a prouvé que Laval a le matériel voulu pour lutter avec avantage contre les autres universités ». L’équipe a d’ailleurs remporté plusieurs victoires sur d’autres clubs ne faisant pas partie de la ligue interuniversitaire comme Rimouski et Baie-Comeau.

En 1952, l’équipe de l’Université Laval se classe deuxième sur un pied d’égalité avec Toronto. Finalement, c’est à sa quatrième saison en 1953-54 que le Rouge et Or remporte son premier championnat interuniversitaire senior sous la direction d’un nouvel entraîneur, Jean-Paul Poulin, qui est choisi «pilote de l’année» par la Ligue. L’équipe mérite ainsi le trophée Queens qui était détenu depuis six ans par le Bleu et Or de l’Université de Montréal. Dès lors, la participation du Rouge et Or au tournoi interuniversitaire de hockey est bien établie et elle se poursuivra avec des fortunes diverses au cours des années 1950 et 1960.

Parmi les joueurs, les frères Lagacé, Maurice, Roger, Jean-Marc et Michel marqueront particulièrement la décennie de 1950 à 1960. Dans les années 60, Raymond Cadieux qui a joué pour le Rouge et Or en 1962-63, participera aux Jeux olympiques d’Innsbruck comme membre de l’équipe nationale du Canada. Jacques Métras, défenseur dans les rangs du Rouge et Or de 1963 à 1967, sera membre de l’équipe nationale B et participera au tournoi organisé par le journal Izvestia à Moscou en décembre 1967, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution d’Octobre.

Le basket-ball… aussi au féminin

Sous la direction de l’entraîneur Henri Geoffrion, l’Or et Rouge (pour se distinguer du Rouge et Or des hockeyeurs), l’équipe lavalloise de ballon-panier, se distingue dès le début des années 1950 en remportant la première place dans la ligue de la Cité en 1950 , 1951 et 1952, opposée chaque fois en finale au Séminaire de Québec! Ce n’est, semble-t-il, qu’en 1956, que l’équipe qui a repris son nom de Rouge et Or, participera à la ligue interuniversitaire.

En 1955-1956, le sport au féminin fait son apparition avec la victoire des Castoriettes sur leurs consœurs, les Poutchinettes de l’Université de Montréal, par 18 à 17. L’équipe est menée par Denyse Amyot, élue Miss Rouge et Or en 1953. Mademoiselle Rouge et Or comme on l’appelle maintenant, marque à elle seule 11 des 18 points de son équipe. Dans les années 50, les femmes sont encore peu nombreuses à l’Université et sont encore moins présentes dans les équipes sportives, à l’exception du tennis et du basket-ball.

La natation… déjà

Bien que ne faisant pas partie des trois disciplines originellement retenues par la Commission athlétique, la natation se porte bien à l’Université Laval au début des années 50. Sous la direction de l’entraîneur Jos A. Lachance, l’équipe du Rouge et Or accumule les records. Parmi ces étoiles, Lucien Beaumont détient à 19 ans les records canadiens des 110 verges et 40 verges en style libre et celui des 50 verges en Butterfly. Il fait bonne figure aux Jeux du siècle à Christchurch en Nouvelle-Zélande où il devance le champion olympique américain dans le 110 verges libres. Il est bien secondé par Paul Desruisseaux sur des distances plus longues et par Jean-Pierre Paquet à la brasse.

En 1954, Jos Lachance, maintenant directeur de la piscine du Palais Montcalm, entraîne pour la quatrième année consécutive les nageurs de Laval en vue du grand concours de l’Ottawa St. Lawrence Conference dont il avait remporté le championnat deux ans plus tôt. Le Rouge et Or remporte la deuxième place après une lutte serrée avec les nageurs de l’Université Queen’s, notamment grâce aux performances de Jacques Brisson au concours de plongeon de fantaisie.

La nage et le plongeon resteront des spécialités où le Rouge et Or s’illustrera jusqu’en 1970, année où Gabor Cspregi de l’équipe de natation est nommé athlète de l’année tandis que Jean-Marie de Koninck reçoit le certificat de mérite sportif. Au moment où les nageurs du Rouge et Or vont inaugurer la piscine olympique du PEPS, la relève s’annonce.

D’autres disciplines viennent s’ajouter au cours des années

Au cours des années, vont s’ajouter suivant les circonstances de nouvelles disciplines qui permettront au Rouge et Or de se faire une place dans les compétitions interuniversitaires. Ainsi, en 1958, on retrouve le ski, le hockey, le basket-ball, la natation (hommes et femmes), le tennis (également ouvert aux femmes) dans la liste des sports interuniversitaires à laquelle s’ajouteront en 1963, le golf, le curling et l’escrime. En 1968-69, à la veille de l’inauguration du PEPS, on comptera onze sports interuniversitaires : golf, tennis, basket-ball (hommes), natation (hommes, femmes), ski, hockey, gymnastique, curling, badminton, escrime, soccer (hommes). Au milieu des années 1960, la mode du jogging s’installe et, dès 1968, se tient la première édition du 10 kilomètres de l’Université Laval, réalisation d’un pionnier, Laurent Bilodeau.

Au cours des années 1950, sous la direction d’une Commission athlétique remaniée, le sport interuniversitaire s’est donc largement développé, laissant au second plan, les sports interfacultés qui avaient longtemps constitué l’essentiel des activités sportives de l’Université. Pour remédier à cette situation, en 1963, un comité d’enquête recommande que l’Université prenne à sa charge les sports interfacultés par l’intermédiaire de la Commission athlétique et que la Commission soit autorisée à embaucher à cette fin un gérant à plein temps et que l’Université assume le financement de ces activités en demandant une cotisation aux étudiants.

Vers la réalisation d’un complexe sportif 

Au siècle précédent, les étudiants de l’Université Laval réclamaient déjà un accès plus facile au gymnase du Séminaire de Québec. À partir des années 1930, la réalisation d’un gymnase propre à l’Université Laval est régulièrement ramenée sur le tapis. Les discussions et les projets reviennent en 1948, 1952, 1958, 1959, 1966 pour aboutir finalement en 1969 à la mise en chantier d’un Centre d’éducation physique, dans le cadre de l’édification du nouveau campus de Sainte-Foy. Ce n’était pas un luxe si on considère le développement que la pratique du sport a pris à l’Université Laval à partir des années 1950, sous l’impulsion de la Commission athlétique, une création conjointe de la Direction de l’Université, des Anciens et de l’AGEL.

Au milieu des années 1960, les lieux de pratique sportive étaient disséminés aux quatre coins de la ville : pour les sports intérieurs, les principaux sites étaient l’Académie de Québec (le Cégep de Sainte-Foy), le centre Saint-Sacrement, le Québec High School, le Salon de quilles Laurier, le club de curling Cambrai sur la rue Père Marquette, l’aréna de l’OTJ du Parc Victoria, le pavillon Lemieux et la nouvelle Maison des étudiants. Pour les sports extérieurs, les pratiques étaient réparties entre le club de tennis Saint-Thomas d’Aquin et celui de Sillery, le club de golf de Cap-Rouge, le Collège des Jésuites, le Centre de ski Stoneham, le Juvénat des Frères des écoles chrétiennes et le Camp Valcartier.

Avec les années 1960, la création d’un complexe sportif regroupant l’ensemble des pratiques sportives s’imposait aussi pour deux autres raisons : d’une part, il était difficile de concevoir un grand campus à l’américaine où les sports et l’activité physique n’auraient pas eu leur place. D’autre part, la création d’un Département d’éducation physique à l’Université obligeait celui-ci à se munir d’installations de base pour l’étude de l’activité physique et pour la formation des professeurs et de spécialistes en éducation physique.

Au départ, toutefois, la construction d’un centre sportif d’envergure, que certains dénonceront à l’époque comme un autre « éléphant blanc », rencontrait des oppositions. En décembre 1970, le vice-recteur L.P. Bonneau qui, à titre de vice-recteur, était un des principaux responsables du projet rappelait que la place de l’éducation physique à l’école était encore récemment ignorée au secondaire, et plus encore au primaire. « Nous étions donc comme peuple très peu réceptifs à ce genre de problème-là. On nous donnait toujours les Suédois comme modèle, mais on n’avait pas le budget. Ça n’avait pas de résonance dans le peuple et par conséquent, à l’Université ceux qui en parlaient avaient peut-être moins de chance de convaincre ». Mais le vice-recteur reconnaissait ensuite que la situation était en train de changer et que « les pressions venant du peuple qui demande des moniteurs d’éducation physique » commençaient à se faire sentir.

À l’Université, un premier comité avait été chargé dès 1959 d’élaborer les plans du futur centre sportif. La CAUL y était représentée par d’ardents défenseurs du projet, Philibert L’Écuyer et Jean-Charles Bouffard. Un autre comité d’élaboration est formé en 1966, mais, cette fois, aucun membre de la CAUL n’y siège.

En 1968, le débat s’engage entre le Département d’éducation physique (DEP) et la Direction générale de la Vie étudiante (DGVE) dont relève la CAUL. Le Département, dans un mémoire, recommande la création d’un Département de kinanthropologie regroupant aux côtés de l’enseignement et de la recherche, une direction des activités sportives qui assumerait la responsabilité directe des programmes. La DGVE de son côté recommande qu’une structure non reliée aux facultés comme la CAUL continue à régir les sports, le DEP pourvoyant à l’enseignement et à la recherche et le Centre sportif fournissant à l’un et à l’autre les installations, les équipements et les services requis.

C’est finalement cette formule qui sera retenue et le 30 janvier 1969, l’Université Laval annonce la construction d’un Centre d’éducation physique dont le coût final sera de sept millions de dollars. Le financement obtenu après une longue négociation menée par l’administrateur-trésorier de l’Université, Fernand Gingras, est assuré par l’Université qui y investira 3 millions de dollars pris à même les revenus de la campagne de souscription en cours et par le Gouvernement du Québec qui a finalement autorisé une subvention de 4 millions de dollars.

Retardés par une grève, les travaux d’excavation débutent le 14 juillet 1969 et se terminent à temps pour la rentrée de l’automne 1970. L’inauguration officielle aura lieu le 22 janvier 1971.

Dès le 25 juin 1970, le fil des événements présente la nouvelle équipe de direction du Centre d’éducation physique : le directeur Gaston Marcotte a des projets plein la vue : il veut que le Centre soit la plus formidable institution du genre en Amérique du Nord. Il veut servir à la fois les étudiants, les professeurs, les employés de l’Université et le public en général. Il considère avoir en main deux outils incroyables : un pavillon tout neuf et une équipe compétente. Il entend jouer un rôle -clé dans le développement des sports non seulement à la Cité universitaire, mais au Québec. Il est entouré d’une équipe de jeunes gestionnaires dévoués aux sports : Jacques Loiselle sera le responsable du sport intramural et de la récréation physique; Jean Lemieux verra aux installations et aux aménagements; Jean-Charles Gravel sera le responsable du sport interuniversitaire tout en demeurant l’entraîneur de l’équipe de hockey du Rouge et Or; Paul Geoffrion, qui a géré la Commission athlétique depuis 1953, sera l’adjoint administratif du Centre et assurera le lien avec le passé sportif de l’Université.

« Incroyable, impensable, fantastique, gigantesque, extraordinaire », le chroniqueur sportif du Journal de Québec, Claude Bédard, n’a pas assez de qualificatifs pour parler de ce « complexe qui n’a pas de complexe », lors de son ouverture, et il souligne qu’il y a « très peu de choses comparables au Pavillon de l’éducation physique et des sports de Laval en Amérique du Nord », car dans l’intervalle le Centre d’éducation physique est devenu le PEPS, le Pavillon d’éducation physique et des sports.

En 1971, le rêve de plusieurs générations de sportifs lavallois est devenu réalité. Grâce à la collaboration et à la détermination des Anciens et de la Direction de l’Université, un nouveau départ est donné à l’éducation physique et aux sports dans la plus vieille université de l’Amérique française.


PÉRIODE DE 1971 À 2002

Le PEPS… au cœur de l’action

Grâce à notre album virtuel, nous pourrons revivre l’évolution de la vie sportive à l’Université Laval, de l’année 1970 jusqu’à 2002. Le premier coup d’œil nous fait voir un magnifique immeuble destiné non seulement à la pratique des sports, mais aussi à l’enseignement et à la recherche, d’où son nom Pavillon de l’éducation physique et des sports (PEPS). Au moment de l’inauguration le 22 janvier 1971, le recteur, Monsieur Louis-Albert Vachon, déclarait sans ambages : « l’ouverture officielle de ce pavillon marque un moment historique dans la vie et l’évolution de l’Université Laval ». C’est bien le cas comme on peut le constater trente ans plus tard.

Construit au coût initial de 7,5 millions de dollars, ce véritable « palais des sports « dispose de 300 000 pieds carrés de locaux pour répondre aux besoins des étudiants, du personnel de l’Université et, à compter de 1980, à ceux de la population de la région en général. On y trouve notamment un stade couvert d’athlétisme, un gymnase triple, une piscine de dimensions olympiques et plusieurs autres plateaux complémentaires. Avec les années, d’autres installations s’y ajouteront.

Une participation de masse

La participation de masse est certes un motif de fierté pour le PEPS. Dès la première inscription en 1971, près de 6 000 personnes devenaient membres. Dix ans plus tard, le PEPS accueillait son 250000e membre. Déjà un quart de million!

Jusque-là accessible aux étudiants de l’Université, au personnel et aux diplômés, le PEPS, en 1980, s’ouvre à toute la population et offre un grand choix de cours et d’activités récréatives ou éducatives par la pratique de nombreux sports : racquetball, squash, tennis, plongée, natation, plongeon, alpinisme, danse, golf, karaté, badminton, défense personnelle, patinage, hockey. Et on peut bénéficier du système de prêt et de location de diverses pièces d’équipements sportifs, telles que raquettes, vêtements, hockey, patins, etc.

À l’occasion du 25e anniversaire en 1995, on signale que 85% des membres du Service des activités sportives (SAS) du PEPS proviennent de deux catégories : étudiants et étudiantes et personnel de l’Université. On en profite pour rappeler que les activités et les programmes offerts par ce Service sont accessibles à toute la collectivité régionale. Des initiatives visent d’ailleurs à favoriser la participation de masse. Par exemple : nouveau processus d’inscription pour les non-étudiants ou étudiantes, système de réservation plus commode, tarification spéciale pour les nouveaux diplômés et aussi pour les retraités. Mentionnons également des réductions concernant la tarification des stationnements.

Autre occasion de participation : les ligues de hockey du samedi et du dimanche sont accessibles aux non-membres. D’autre part, le programme jeunesse offre du soccer et des cours de jeune sauveteur et on y ajoute un incitatif pour les parents : en inscrivant un ou des enfants à ce programme, ils peuvent se procurer, pour 35$ par trimestre, une carte week-end donnant accès à tous les privilèges de participation libre.

Le club plein air offre un vaste choix d’activités (canot, vélo de route et de montagne, randonnées pédestres), des stages, etc.. Autre bonne nouvelle : les ligues compétitives intra-universitaires du PEPS deviennent accessibles au public. Les gens de la communauté régionale peuvent joindre les rangs des ligues de basketball, hockey, hockey-bottines, hockey-cosom et volleyball.

Plus récemment, soit le 22 mars 2001, une entente est signée entre l’Université et le Parc technologique. Un tarif spécial est ainsi consenti à un regroupement d’entreprises afin de faciliter la venue au PEPS de tous leurs employés.

En juin 2002, le PEPS intensifie ses efforts en publicité et affine sa stratégie marketing pour rejoindre le grand public avec le lancement d’une nouvelle campagne, « L’effet d’entraînement ». Le public peut s’abonner au PEPS et bénéficier de nombreux services pour seulement 27,50$ par mois. C’est la première fois qu’on annonce un tarif mensuel auprès de la clientèle.

Des performances remarquables

Dans notre album virtuel, arrêtons-nous aux pages qui rappellent quelques-unes des performances remarquables d’athlètes formés et entraînés au PEPS de l’Université Laval.

Voyons quelques exemples : Monique Parent, excellente en basketball et championne canadienne au racquetball; Claude Lamy, 5 médailles d’or au Championnat universitaire canadien de natation; Pierre Harvey devenu le premier fondeur canadien à remporter une étape (en Suède) du circuit mondial; Louis Brault, premier québécois à enlever le titre canadien au lancer du javelot. Mentionnons aussi Pierre Dion (basketball), Michel Cazes (volleyball), Gino Brousseau (volleyball), Éric Lebreton (volleyball), Guylaine Dumont (volleyball), Lyne Tremblay (volleyball), Denise Guay (volleyball), Andrée Ledoux (volleyball) et Yves Dion (gymnastique).

On signale aussi l’exploit de Chantal Petitclerc qui est devenue championne canadienne au Marathon en fauteuil roulant en 1995, et la même année, la victoire d’Alexandre Leduc à la 41e Traversée du lac Saint-Jean.

Plusieurs autres athlètes féminines se sont signalées dans leur discipline respective, telles : Caroline Olivier, médaille d’argent en ski acrobatique à la Coupe du monde en Suède; Marie-Huguette Cormier membre de l’équipe nationale d’escrime aux Jeux olympiques de Séoul; Sophie Simard qui a mérité six médailles, dont quatre d’or aux épreuves de natation de la Coupe Esso.

On met aussi en lumière le cas de France Gagné, un handicapé visuel qui, au Championnat canadien à Chiliwack (C.-B.), a obtenu trois médailles d’or pour le lancer du javelot, du disque et du poids. On parle de volleyball féminin et de Julie Morency déclarée joueuse universitaire par excellence à Edmonton (Alta). Isabelle Bisson fait l’histoire du Rouge et Or en étant la première femme à prendre part à la finale du 60m au Championnat canadien d’athlétisme à Windsor (Ontario).

Par ailleurs, la magnifique piscine du PEPS a permis à plusieurs jeunes athlètes de s’entraîner en vue des plus importantes compétitions. C’est ainsi que Yannick Lupien s’est approprié deux médailles d’or au Championnat canadien civil en Ontario et qu’il a abattu un record canadien aux Championnats Pan-Pacific à Sydney. Phil Gagnon a obtenu une médaille d’or et a établi un record aux Jeux paralympiques. Toujours en natation, Sophie Simard a multiplié les exploits : deux médailles d’or aux Championnats canadiens universitaires et deux podiums à la Coupe du monde à Fukuoka (Japon). Souvenons-nous d’autres athlètes exceptionnels tels Gabor Csepregi (natation et water-polo) et Sylvie Bernier (plongeon).

Des équipes championnes

Si le sport individuel connaît un bel essor au PEPS, on ne tarde pas à former des équipes qui gravissent rapidement les échelons du succès. Au fil des ans, ce sont des championnats que nos équipes récoltent.

Durant les années 80, l’équipe féminine de handball (Estran) remporte le titre canadien quatre fois. En 1990, le Rouge et Or remporte le Championnat canadien de volleyball masculin pour la première fois de son histoire. Il répétera cet exploit à deux reprises, en 1992 et en 1993. Plus tard, c’est au baseball que le Rouge et Or décroche le championnat canadien trois fois. En 1998, au Championnat canadien à Edmonton, le Rouge et Or a obtenu une médaille de bronze au volleyball féminin, tandis que l’année suivante, dans la même discipline, l’équipe masculine récolte une médaille d’argent au Championnat canadien de l’USIC (Union sportive interuniversitaire canadienne). Exploit répété en 2001 au PEPS.

En 1999, plus de 8 000 spectateurs applaudissent au succès de l’équipe de football Rouge et Or qui gagne les séries éliminatoires de la ligue universitaire Ontario-Québec et obtient par le fait même la coupe Dunsmore. Une semaine plus tard, la même équipe remporte les honneurs du Churchill Bowl au PEPS et termine sa saison à Toronto en remportant le championnat canadien, la coupe Vanier, devant 12 000 spectateurs.

L’année suivante, le Rouge et Or est sacré premier au Canada au football, après avoir conquis le championnat de la Conférence Québec-Ontario pour la première fois de son histoire. En 2001, il dispute son premier match de la saison devant une foule record de 18 313 spectateurs.

C’est aussi en 2001 que le Rouge et Or de volleyball féminin se hisse au sommet du classement universitaire national avec sa victoire à Toronto. Au golf, l’équipe masculine du Rouge et Or obtient le premier rang par équipe au Ottawa Carleton Invitation, alors que l’équipe féminine remporte la première édition du Championnat de golf féminin de la FQSE. L’équipe féminine de basketball signe une page d’histoire du programme d’excellence en remportant une médaille d’argent au Championnat canadien de 2001-2002.

Des honneurs bien mérités

Athlètes et entraîneurs du Rouge et Or se sont attiré de nombreux honneurs en reconnaissance de l’ensemble de leurs performances athlétiques ou de l’excellence de leur travail d’entraîneurs. Dans le premier cas, Sylvie Bernier, Pierre Harvey, Gino Brousseau et Sophie Simard ont mérité le titre d’athlète de l’année soit au niveau local ou au national, tandis que Marie-Claude Dion, Julie Morin et Mathieu Brassard ont été désignés joueurs par excellence dans leur discipline respective au niveau universitaire, soit canadien, soit provincial. D’autre part, Jean-Marie De Koninck, France Vigneault, Linda Marquis, Pascal Clément et Michel Bérubé ont obtenu le titre d’entraîneur de l’année au Canada dans le monde universitaire.

Notre album virtuel nous apprend aussi qu’un autre intervenant au PEPS a eu droit à des honneurs. Gerry Breton a en effet reçu le Prix « Esprit sportif » décerné par la Régie de la sécurité dans les sports au Québec et il a été honoré à Paris par le Comité international olympique (C.I.O.) pour le fair play. Jean-Marie De Koninck, entraîneur du Rouge et Or natation et fondateur de l’Opération Nez Rouge, a été reçu dans l’Ordre du Canada et dans l’Ordre du Québec. Il s’est vu attribuer la Médaille du cinquantenaire de l’Association des diplômés de l’Université Laval. Remarquons au passage que le ministre québécois responsable des sports, Richard Legendre, est un ex-entraîneur de tennis du Rouge et Or.

Des aménagements additionnels

Au fil des ans, plusieurs aménagements se sont ajoutés à ceux qui existaient à l’ouverture du PEPS :

  • La piste extérieure d’athlétisme de 400m, décrétée la meilleure au Canada à l’occasion d’une rencontre internationale en 1974
  • L’aréna à deux patinoires, dont l’inauguration en 1976, a donné l’occasion au recteur Larkin Kerwin de proclamer : « Depuis l’ouverture du PEPS, nous avons adopté comme politique et comme base des activités, le mot participation… faire et non regarder faire «
  • Le Golf Campus, centre d’enseignement et de pratique du golf
  • Le sentier de santé et divers terrains de pratique sportive
  • Les parois d’escalade à l’intérieur et la caverne
  • Le stade de football doté de la première surface synthétique infilled  au Canada et de gradins pour spectateurs offrant 10 900 places
Le PEPS, un carrefour sportif international 

Dès le début, le PEPS, à cause de ses magnifiques installations, a attiré des équipes des quatre coins du monde. Il suffit de mentionner (toutes disciplines confondues) les représentants de la République populaire de Chine, d’Angleterre, de Russie, du Japon, d’Indonésie, de France, de Suède, de Cuba, de Hollande, de Californie, du Kazakhstan, sans compter les 14 pays qui ont participé au tournoi préliminaire de handball à l’occasion des Jeux olympiques de Montréal, les 8 qui se sont affrontés à la Classique internationale de sauts de barils, tenue sous la présidence d’honneur du Premier ministre Robert Bourassa et les 15 autres pays qui ont envoyé des porte-couleurs au Grand prix Fina de plongeon, l’une des onze épreuves en vue de la Coupe du monde. Et à venir, les Jeux mondiaux des policiers et pompiers en 2005.

Des événements importants…

Outre les compétitions déjà mentionnées, notre album virtuel signale, de façon non exhaustive :

  • Le tournoi de tennis Rothmans avec des vedettes comme Rod Laver, Roy Emerson, Arthur Ashe…
  • La désignation du PEPS comme lieu olympique par S.E. monsieur Roger Rousseau, président du Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO), qui a déclaré d’emblée que l’on y trouve « les meilleures installations au pays »
  • Le championnat mondial junior de curling
  • La « Sélection des Amériques « en athlétisme
  • La Coupe Air Canada au hockey midget pour désigner la meilleure formation au pays
  • « Rendez-vous 87 « : entraînement des équipes de l’Union soviétique et de la LNH, présentation d’un gigantesque Show mode et présence au PEPS de grands athlètes comme Greg Louganis (plongeon), Alex Bauman (natation), Tracy Austin (tennis), Wilt Chamberlain (basketball) et autres
  • Le premier record du monde réalisé à la piscine du PEPS par Misty Hyman, 17 ans, au 100m papillon
  • Le 10km de l’Université Laval en est à sa 32e édition en 2001; il est le plus vieil événement sur route dans la région
…et des visiteurs uniques 

L’Université Laval et son PEPS attirent toujours de nombreux visiteurs; groupes organisés, universitaires étrangers, ambassadeurs venus des quatre coins du monde, etc.

Deux visiteurs méritent une mention spéciale. D’abord la très humble et très charitable Mère Térèsa. Reçue en premier lieu au pavillon Maurice-Pollack, elle est revenue en soirée au PEPS où l’Université lui a remis un doctorat honoris causa en présence de plusieurs milliers de personnes qui remplissaient les gradins et le parterre du stade couvert.

Puis il y eut la mémorable présence de S.S. Jean-Paul II, premier pape à visiter le Canada, le Québec et… l’Université Laval! Accueilli au PEPS par les autorités de l’Université, le souverain pontife a ensuite célébré la messe sur le terrain adjacent en présence de plus de 300 000 personnes.


CONCLUSION

La décision de l’Université Laval de construire le Pavillon de l’éducation physique et des sports (PEPS) a été à la fois audacieuse et clairvoyante. Très vite, le PEPS a confondu ceux et celles qui lui prédisaient un sort d’éléphant blanc.

Au contraire, il a bien servi les fins de l’enseignement et de la recherche et il a répondu aux besoins et aux intérêts des membres de la communauté universitaire tout en s’ouvrant de plus en plus à la population en général. Car, comme le soulignait un jour le directeur du Service des activités sportives, Gilles D’Amboise, « les infrastructures ne sont pas seulement le lot des athlètes d’élite… elles sont accessibles à tout le monde ».

De fait, la notoriété du PEPS est telle que, d’année en année, environ 38000 personnes s’y inscrivent et profitent de « L’effet d’entraînement ».

Texte d’André Desmartis


Inauguration du PEPS

Les 22, 23 et 24 janvier dernier avait lieu l’inauguration officielle du Pavillon de l’éducation physique et des sports. La soirée du 22 a réuni dans une cérémonie, suivie d’une réception, les principales autorités civiles et universitaires. À cette occasion, un doctorat honorifique en éducation physique a été remis au Professeur Jacques Ulmann.

Il est bon de rappeler que l’Association des Anciens de l’Université Laval est à l’origine de l’organisation des sports à l’Université Laval. Le cahier spécial publié à l’intérieur du «Fil des événements» le 21 janvier 1971, relate ce qui suit : «En 1948, à la demande du docteur L’Écuyer, directeur des sports, le docteur Rosaire Gingras proposa à l’exécutif de l’Association des Anciens de Laval que celle-ci fasse sienne l’organisation des sports à l’Université Laval». L’exécutif de l’Association, dont le docteur Jean-Baptiste Jobin était le président, s’empressa d’acquiescer à sa suggestion.

En dépit du fait que l’Association des Anciens venait à peine d’être fondée et devait faire face à des déficits considérables, elle n’hésita pas, en raison de l’importance du problème, à mettre sur pied, en 1950, la Commission athlétique de l’Université Laval, responsable de l’organisation des sports interuniversitaires.

Il faut signaler aussi que le Service de l’Expansion de l’Université Laval, lequel travaille en étroite collaboration avec la Fondation Université Laval, a largement contribué à la construction du Pavillon de l’éducation physique et des sports pour une somme de 3 800 000 $ sur un coût total d’environ 8 000 000 $.


CRÉDITS

Recherche et rédaction des événements annuels

  • André Bélanger
  • Yvan Breault

Rédaction des capsules historiques

  • André Desmartis
  • Marcel Lebœuf

BIBLIOGRAPHIE

  1. Thèses sur le sport-récréation (N.85), liste P713, B157, B 336a, C958a, L591, B772a
  2. Bibliographie de la question universitaire Laval-Montréal (1852-1921), cote 143.34
  3. Fonds SAS, cote U574
  4. Fonds Commission athlétique (CAUL), cote U594
  5. Fonds A.G.E.L. (Association générale des étudiants de Laval), cote 116/7/9
  6. Fonds Commission des sports de Laval (CSL), cote 116/7/9
  7. Le journal des étudiants de l’Université Laval : L’Étudiant 1915-1916, L’Universitaire 1916-1917, Le Mousquetaire-L’Écho de Laval 1917-1920, Le Bérêt 1920-1923 et 1927-1933, L’Hebdo-Laval 1933-1940, Le Carabin 1941-1969
  8. Bulletin Le Vieil Escollier de l’Association des Anciens de 1946 à 1969, cote J.64
  9. Coupures de presse, 1881 à 1967, 1941 à 1970, cote BU 4565, BU 4566 (U 519)
  10. « Histoire de l’Université Laval » par Jean Hamelin, 1995, cote 141.7
  11. « Bibliographie de l’Université Laval par James Lambert, 1996, cote 141.8
  12. « L’Université Laval, 1852 à 1952″. Édition, Les presses universitaires Laval (voir 13, 14.17) 15 septembre 1952, publication de photos à l’occasion du centenaire, cote 141.3
  13. Cinquantième anniversaire, 1902, programme officiel, cote 143.30
  14. L’Université Laval et les Fêtes du cinquantenaire par l’abbé Camille Roy, professeur, 1903, cote 143.31
  15. Édition spéciale du Au fil des événements à l’occasion du 125e anniversaire de l’Université Laval, rédacteur, André Desmartis, 1977 (voir 2, 13,14)
  16. Fonds Séminaire de Québec, journal du Petit Séminaire de Québec « L’Abeille », cote de 659.1.1 à 659.1.14, 1848 à 1881
  17. Fonds Séminaire de Québec, documents divers
  18. Fonds Donald Guay
  19. Revue Cap-aux-Diamants; Hors série sur le Petit Séminaire de Québec, octobre 1993
  20. Journaux de la Ville de Québec consultés :
    • Morning Chronicle;
    • L’Événement;
    • Le Soleil
  21. L’histoire du hockey au Québec; auteur, Donald Guay, édition JCL 1990
  22. Annuaire de l’Université Laval, 1856-1990
  23. « Le sport de la société canadienne au 19e siècle » par Donald Guay, 1977
  24. Journal, Au fil des événements, Université Laval, 1966-1970
  25. Fonds Service des relations publiques, Université Laval, BU-P-018
  26. Archives de la Ville de Québec
  27. « Québec. Les images témoignent » par Jocelyn Paquet et Jean Provencher, 2001, p.95