LE ROUGE ET OR

L’excellence a un nom dans le monde du sport universitaire canadien et c’est Rouge et Or. Le programme de sport d’excellence de l’Université Laval acquiert ses lettres de noblesse année après année depuis maintenant plus plusieurs décennies et rien n’indique un ralentissement imminent de ce côté.

Véritable ambassadeur de l’Université Laval à l’échelle nationale et même internationale, le dynamique programme Rouge et Or est un véritable véhicule promotionnel pour cette université de renom. Il repose sur des installations de qualité, mais surtout sur l’expertise exceptionnelle de tout le personnel d’entraîneurs ainsi que sur le soutien précieux du personnel d’encadrement en place et des employés du Service des activités sportives. On y dénombre aujourd’hui 14 disciplines sportives (athlétisme, badminton, basketball, cheerleading, cross-country, football, golf, natation, rugby, ski alpin, ski de fond, soccer, triathlon et volleyball), ainsi que tout près de 400 étudiantes et étudiants-athlètes.

Pendant les années 2000, le Rouge et Or a adopté une approche plutôt évocatrice pour définir son programme : la conquête de l’excellence. Cette conquête – se vit et se fait quotidiennement par les étudiants-athlètes du programme, autant sur les aires de compétitions que sur les bancs d’école. Tous adhèrent maintenant plus que jamais à ce principe et poursuivent le même objectif, celui de faire partie du meilleur programme de sport universitaire au pays. Les étudiants-athlètes sont des ambassadeurs pour l’Université et ils véhiculent les valeurs d’excellence, de fierté, de réussite, de persévérance et d’éthique.


LES DÉBUTS

Les années 50 marquent le début de l’émergence des sports d’excellence à l’Université Laval. Après cent années de lente maturation, l’Université va connaître de profonds changements au niveau sportif, notamment avec la création du programme Rouge et Or. À ce moment, à peine 2 000 étudiants fréquentent l’Université Laval alors qu’à la fin de la décennie, l’institution en comptera plus du double.

Ce contexte favorable bénéficiera au domaine des sports. Dès la fin des années 40, les Anciens de l’Université et la Direction avaient accordé leur appui moral et financier aux étudiants pour développer la pratique du sport. En 1950, la Commission athlétique de l’Université Laval est constituée pour gérer plus particulièrement la pratique du sport interuniversitaire. Grâce aux subventions accordées par les Anciens, des entraîneurs devaient être embauchés au départ dans au moins trois disciplines : le hockey, le ski et le basketball. Ces efforts ne manqueront pas de se traduire par d’importants succès dès le début.

En 1951, les skieurs de Laval remportent pour la première fois, le championnat interuniversitaire canadien. Le Rouge et Or remporte encore le concours interuniversitaire en 1953, en 1954 et en 1958. Membre de l’équipe olympique canadienne depuis 1951, André Bertrand qui a représenté le Canada aux Jeux olympiques de Cortina d’Ampezzo est la tête d’affiche de l’équipe.

La saison 1950-51 marque aussi la première participation du Rouge et Or dans la ligue interuniversitaire de hockey qui comprend McGill, Toronto et l’Université de Montréal. L’équipe est alors pilotée par Léo Bourgault, une ancienne étoile de la Ligue Nationale. Malgré une première saison désastreuse, Laval a prouvé qu’elle peut lutter avec avantage contre les autres universités. À sa quatrième saison, le Rouge et Or remporte son premier championnat interuniversitaire sous la direction d’un nouvel entraîneur, Jean-Paul Poulin. Dès lors, la participation du Rouge et Or au tournoi interuniversitaire de hockey est bien établie et elle se poursuivra avec des fortunes diverses au cours des années 50 et 60. Parmi les joueurs, les frères Lagacé, Maurice, Roger, Jean-Marc et Michel, marqueront particulièrement cette première décennie.

L’équipe de basketball appelée l’Or et Rouge pour se distinguer du Rouge et Or des hockeyeurs fait sa marque dès le début des années 50. Ce n’est qu’en 1956 que l’équipe qui a repris son nom de Rouge et Or, participera à la ligue interuniversitaire. C’est aussi en 1956 que le sport au féminin fait son apparition avec la victoire des Castoriettes sur leurs consœurs, les Poutchinettes de l’Université de Montréal. Les femmes sont d’ailleurs peu nombreuses à l’Université et elles le sont encore moins dans les équipes sportives, à l’exception du tennis et du basketball.

Bien que ne faisant pas partie des trois disciplines originellement retenues par la Commission athlétique, la natation se porte bien au début des années 50. L’équipe du Rouge et Or accumule les records. À la fin de la décennie, on retrouve donc le ski, le hockey, le basketball, la natation et le tennis dans la liste des sports interuniversitaires.

Durant les années 60, le programme d’excellence sportive de l’Université Laval continue de prendre de l’expansion. La transition du Grand Séminaire vers le tout nouveau campus de Sainte-Foy permettra à l’Université Laval de voir sa communauté s’agrandir. Plusieurs nouvelles équipes se greffent au programme. C’est ainsi que des disciplines comme le curling, le golf, l’escrime, la gymnastique et le soccer font leur apparition.

Mais même si l’Université supporte de plus en plus de sportifs d’élite, il reste un fait non négligeable. Chaque équipe s’entraîne et dispute ses rencontres locales où il le peu à travers la grande région de Québec. À l’époque, aucun centre ne permettait de pratiquer les sports sous un même toit. C’est ainsi que les plateaux sportifs s’appelaient à ce moment les Centre St-Sacrement, aréna O.T.J. du Parc Victoria, Académie de Québec, Quebec High School, club de curling Cambrai, piscine du Palais Montcalm et club de tennis de Sillery. Déjà, dans les années 50, les étudiants réclamaient un centre récréatif centralisé. Ce n’est toutefois qu’à la fin de la décennie suivante que tout est mis en œuvre pour entamer la construction d’un complexe multifonctionnel à la fine pointe de la technologie, le Pavillon de l’Éducation physique et des sports.
Au-delà de la centralisation, la création du PEPS s’imposait pour deux autres raisons : d’une part, il était difficile de concevoir un grand campus à l’américaine où les sports et l’activité physique n’auraient pas eu leur place. D’autre part, la création d’un département d’éducation physique à l’Université obligeait celui-ci à se munir d’installations de base.

Terminé à temps pour la rentrée de l’automne 70, le PEPS sera finalement inauguré officiellement le 22 janvier 1971. Cinq ans plus tard, deux patinoires viennent s’ajouter à la piscine de dimensions olympiques, au stade couvert et au grand gymnase.


L’ÂGE MODERNE

Durant les années 70, le PEPS allait permettre au sport d’excellence de se multiplier à une vitesse folle. À cette époque, on parle non seulement du début de l’âge moderne du Rouge et Or, mais aussi de son âge d’or si l’on tient compte du nombre de disciplines diverses que compte le programme. On voit apparaître le tir à l’arc, la voile, le volleyball, l’athlétisme, le racquetball, le handball, le badminton sans oublier le bridge et les échecs! Toutes ne portent pas le nom Rouge et Or, mais elles font toute partie de la même grande famille lavalloise.

Chaque centimètre carré du PEPS sera exploité. Ce que certains qualifiaient au début de futur éléphant blanc allait rapidement devenir le plus grand complexe sportif de l’est du pays. Qui plus est, les équipes sportives de l’Université Laval avaient maintenant un domicile.

Les années 80 voient les étudiants-athlètes du Rouge et Or briller dans de nombreuses disciplines, autant au pays qu’à l’étranger. Certains réussissent même à atteindre les plus hauts sommets avec des participations aux Jeux olympiques. C’est le cas d’Odette Lapierre en athlétisme, de Pierre Harvey en ski de fond et en cyclisme, d’Yves Dion en gymnastique, de Marie-Huguette Cormier en escrime et de Benoît Lamarche en patinage de vitesse.

Le programme Rouge et Or continue d’évoluer. En 1982, on crée un modèle de co-gestion qui favorise l’engagement du milieu des affaires aux côtés de l’institution d’enseignement, et assure le développement et la pérennité des clubs.

En 1984, l’entraîneur du club de natation, Jean-Marie de Koninck, lance un projet de financement original qui allie l’engagement communautaire et la sécurité routière : l’Opération Nez Rouge! En 1986 et 1987, les plongeurs du Rouge et Or s’illustrent avec deux championnats canadiens consécutifs.

À partir de 1990, toutes les équipes d’excellence sportive de l’Université Laval adoptent le nom Rouge et Or. Cinq ans plus tard, la première forme du logo que l’on connaît aujourd’hui fera son apparition et incarnera la vision d’excellence du programme. Entre temps, le club de volleyball masculin connaît ses heures de gloire avec trois championnats canadiens en cinq ans. C’est l’apogée de Gino Brousseau et de Michel Cazes, qui connaîtront par la suite des carrières professionnelles. Brousseau fait aussi partie de l’équipe nationale aux Olympiques de Barcelone.

Le basketball masculin effectue son retour à la compétition en 1992, suivi par le club de football, qui naît en 1995, la même année que l’équipe féminine de soccer et une équipe de baseball. Les athlètes en sport individuel ne sont pas en reste : la triathlète Isabelle Gagnon remporte l’Ironman d’Hawaï en 1997. Les nageurs François Gravel et Sophie Simard se démarquent alors que le plongeur Robert Baribault et le joueur de badminton Jean-Philippe Goyette s’illustrent au pays et à l’étranger.

Dans la foulée, on relance un programme de golf et le soccer masculin revient en force. Ces derniers atteindront la consécration en 2009, grâce à un premier titre canadien. Les golfeurs, pour leur part, triomphent au championnat canadien en 2010 et 2012.

En 2006, la joueuse de volleyball Marylène Laplante écrit une page de l’histoire du Rouge et Or, alors qu’elle remporte le Prix BLG de l’athlète universitaire par excellence au Canada, tous sports confondus.

Une équipe féminine de rugby s’ajoute à la famille Rouge et Or et connaît rapidement du succès. Pour sa part, le club de badminton rafle la première place au pays en 2007 et en 2008. Dernier né du programme d’excellence sportive, le club de ski de fond a repris du galon en 2008, une génération après les exploits de Pierre Harvey et d’Yves Bilodeau. Les succès de l’équipe féminine ne tardent d’ailleurs pas à se faire sentir avec un premier couronnement canadien après seulement trois ans.

Les dernières années ont vu le club de football bâtir une véritable dynastie grâce à ses huit titres nationaux après seulement 18 ans d’histoire, un record du Sport interuniversitaire canadien. Les matchs de football sont devenus de véritables happenings à Québec. Bon an mal an, près du quart de tous les spectateurs de football universitaire au Canada se regroupent au stade du PEPS.

Sensible à cette popularité, on a créé en 2002 une ligue de mini-football pour les jeunes du primaire. Cette formule à succès regroupe aujourd’hui 500 jeunes footballeurs de de 6 à 12 ans. Dans le même esprit, l’École des sports et les camps de la relâche continuent de gagner en popularité.

Les années 2010 allaient aussi être favorables aux représentants du club d’athlétisme et de cross-country. La perchiste Mélanie Blouin a d’ailleurs représenté le Canada aux Jeux olympiques de Londres en 2012. Son coéquipier Charles Philibert-Thiboutot n’est pas en reste puisqu’il performe aussi sur la scène internationale. Les deux étudiants-athlètes ont par ailleurs raflé le titre d’étudiant-athlète de l’année en 2013 pour Mélanie et en 2014 et 2015 pour Charles.

Parallèlement, l’équipe de cross-country, après plusieurs années de vache maigre, retrouvait le chemin de la victoire avec des conquêtes de bannières provinciales depuis 2011 et des podiums aux championnats canadiens.

Les années 2010 auront aussi été heureuses pour trois équipes du Rouge et Or qui ont eu le privilège de remporter un championnat canadien à la maison. L’équipe de football a été la première à accomplir la chose en 2010, exploit qu’elle a répété en 2013. Pascal Clément et l’équipe masculine de volleyball ont soulevé bannière et trophée dans le stade couvert du PEPS en mars 2013 alors que les protégées d’Helder Duarte remportaient le championnat canadien présenté dans le grand stade en novembre 2014.

Soulignons en terminant la retraite du coaching de la grande dame du basketball canadien, Linda Marquis. Après 30 ans derrière le banc de l’équipe féminine de basketball Rouge et Or, plus de 500 victoires et de multiples autres succès, Linda passait le flambeau au terme de la saison 2014-2015 pour relever de nouveaux défis administratifs au sein du programme Rouge et Or.


AU PASSAGE, L’AGRANDISSEMENT DU PEPS

L’année 2010 marque le début des travaux du projet régional d’agrandissement du PEPS. Un projet attendu depuis longtemps qui fera du PEPS un des plus importants complexes sportifs au pays.

Avec entre autres un centre de soccer intérieur, un amphithéâtre-gymnase de 3 100 places, une autre piscine de dimensions olympiques et un centre régional d’entraînement de haute performance, les nouvelles installations favorisent non seulement la pratique sportive en général, mais elles permettent le développement du sport d’élite et facilite le recrutement, la formation et la rétention des étudiants-athlètes, des entraîneurs et du personnel d’encadrement. Le PEPS contribue plus que jamais à atteindre de nouveaux sommets dans la conquête de l’excellence!

L’inauguration du Stade TELUS-Université Laval en 2012 permet désormais aux équipes de soccer du Rouge et Or d’évoluer dans la ligue hivernale du RSEQ. Les équipes de football, de rugby et d’athlétisme peuvent aussi y tenir des entraînements en saison morte ou par mauvais temps. L’ouverture des nouveaux plateaux du PEPS en 2013 procure un nouveau domicile aux équipes de natation, de basketball et de volleyball. L’amphithéâtre-gymnase Desjardins-Université Laval est aussi le lieu de prédilection du célèbre Gala Rouge et or qui récompense chaque année les étudiants-athlètes les plus méritants.


UN DIGNE REPRÉSENTANT

Un personnage plutôt sympathique fait son apparition aux compétitions locales des équipes Rouge et Or en 2002. La mascotte Victor, représentation moderne de l’alérion, l’oiseau mythique associé depuis les débuts au Séminaire de Québec et à l’Université Laval, animera désormais les foules au grand plaisir des petits et des grands. Victor subira une cure de rajeunissement en 2015 et présentera des formes un peu plus athlétiques, à l’image du programme Rouge et Or et des valeurs qu’il véhicule.


SUCCÈS ACADÉMIQUES

Les performances du Rouge et Or se constatent également sur un autre tableau et constituent pour les étudiants-athlètes du Rouge et Or une source de fierté aussi, sinon plus grande que les résultats sportifs. Depuis quelques années, le SIC établit un palmarès des programmes de sport universitaire ayant le plus d’athlètes cumulant une moyenne académique de 80 % ou plus. Les étudiants-athlètes du Rouge et Or, membres du réseau de SIC, figurent chaque fois parmi les positions de têtes de cette prestigieuse liste, dont cinq fois au premier rang de celle-ci (2007, 2008, 2009, 2011 et 2012).


EN RÉSUMÉ

Les succès sportifs des équipes du Rouge et Or largement médiatisés sont connus de tous. L’équipe de football, la plus décorée de l’histoire de ce sport au Canada avec huit titres de la Coupe Vanier (1999, 2003, 2004, 2006, 2008, 2010, 2012 et 2013) est la plus connue. Quatre autres équipes ont aussi mis la main sur la précieuse bannière de champions du réseau de Sport interuniversitaire canadien. L’équipe féminine de soccer est la plus récente avec la conquête de son titre national en novembre 2014, la première pour le onze féminin. La formation masculine de volleyball a conquis le titre à quatre reprises (2013, 1990, 1992 et 1994), tandis que l’équipe féminine est grimpée sur la plus haute marche du podium canadien en 2006. Enfin, l’équipe masculine de soccer en a fait de même en 2009.

Les équipes de golf, de badminton, de ski alpin, de ski de fond, de cheerleading et les défunts clubs de plongeon, de hockey et de baseball du Rouge et Or comptent aussi dans leur palmarès au moins une conquête d’un titre canadien, hors réseau de SIC. Et c’est sans parler des nombreux championnats provinciaux remportés par toutes les équipes du programme qui démontrent, hors de tout doute, une conquête de l’excellence éloquente.

Avec les années et le succès, de plus en plus d’amateurs de sports de la région portent fièrement les couleurs du Rouge et Or. La couverture médiatique, la popularité du programme et la conquête de quelques titres canadiens contribuent à faire des équipes du Rouge et Or, non seulement celles de l’Université Laval, mais aussi celles de toute la région de Québec.